24 janvier 2017
«
Avant de vous raconter cette histoire, je tiens à dire que j’ai rien contre les gens qui utilisent leur vélo à l’année. Pour moi, quelqu’un qui roule en vélo l’hiver, si c’est fait de façon sécuritaire et aux bons endroits, a tout mon respect!!! C’est écologique, bon pour la santé, ça crée des petits mollets tight sexy comme le ciel. Bravo pour tout ça. Bref, je suis pro-vélo. Je suis du bord des cyclistes.
MAIS……
Je roule en voiture tantôt sur la rue Hochelaga. Température de merde. Un gars roule en vélo une dizaine de mètres devant moi sans tenir le guidon. (Je répète et je laisse une petite période libre le temps que vous assimilez cette phrase, il roule sans tenir le guidon).
Fin de la période libre. La dernière phrase sera p'têtre une question à l’examen. Suite de l’histoire.
Il roule sans tenir le guidon ET il a ses mains dans les poches de son manteau. J’ai rien contre les gens qui veulent se réchauffer les mains. Mais idéalement pas quand tu roules en vélo dans la rue glacée.
Je te demande pas grand chose dans la vie. Je te demanderais pas que tu m’aides à déménager. J’oserais pas te demander d’être le parrain de mes enfants. Heye, je serais même pas game de te demander de mettre ton doigt sur une corde pour m’aider à faire un nœud.
Tu me dois rien mon gars!!! J’oserais jamais te demander d’y aller mollo sur les guimauves quand tu te sers des Lucky Charms car moi y va juste me rester de décevants morceaux de céréales sans aucun sucre.
Tout ce que je te demande, c’est «TIENS TON CALISSE DE GUIDON »
Sérieusement, rouler en vélo dans la neige avec les mains dans les poches. Le gars est pas le crayon le plus aiguisé de la boite.
Dans «la-boite-de-crayons-plomb-de-couleurs-Crayolla-de- la-vie», il est genre «couleur peau» ou «couleur or». Tsé celui que tu utilises jamais.
Jamais à 7 ans tu te dis, «ho mon doux seigneur Jésus, je colorierais tellement quelque chose de doré aujourd’hui».
Bref, si on revient à l’histoire. Je peux pas vraiment le dépasser car il est hybride entre le côté de la rue et être officiellement dans la voie.
Je demeure ultra vigilant. Car je me dis qu’au moins un de nous 2 doit prendre sa sécurité en mains, car lui, les siennes sont dans ses poches, osti de laid.
Évidemment, ce que je craignais arrive, il glisse, il tangue vers la gauche, ce qui l’amène dans ma trajectoire à 5 mètres devant ma voiture. Je CALISSE les freins. (J’aime pas sacrer à tout prix, mais là c’est pas un cas de «peser» sur le frein. Même la pédale de freins serait insultée que j’utilise le mot «peser». Elle me dirait «DUDE tu m’a clairement CALISSÉ, pis j’ai encore mal!!!! J’t’ai rien fait moi. Je sais pas pourquoi tu me calisses comme ça?»
Le gars perd l’équilibre et juge pertinent d’entamer une médiation entre ses mains et son guidon qui avaient coupé les ponts depuis un petit moment. Il bifurque de un mètre ou 2 dans ma trajectoire, mais réussit à reprendre l’équilibre et continue.
Moi j’ai une turbo-décharge d’adrénaline. Sur une échelle d’adrénaline, mettons :
10 étant sauter en parachute en tandem avec un crocodile vivant.
Et 4 étant foncer dans un moustiquaire de porte patio l’été.
Je suis à 8,7.
Je laisse évacuer mon stress et je remercie la vie de ne pas avoir fauché ce cycliste.
D’ailleurs je me disais, si je le fauchais en voiture, j’aurais eu un mélange de tristesse et de rancune, qu’il ait créé cette situation fâcheuse.
Honnêtement je l’aurais réanimé juste pour avoir le plaisir de lui péter la gueule par la suite.
Je lui aurais fait le massage cardiaque, j’aurais posé mes lèvres sur les siennes pour lui faire la respiration artificielle, je lui aurais réchauffé les mains, je l’aurais accompagné dans l’ambulance jusqu’à l’urgence, j’aurais mis ma carrière de côté juste pour pouvoir rester à son chevet durant tous les mois qu’il est dans le coma, je lui aurais lu des livres à voix haute juste pour le stimuler intellectuellement durant son coma, j’aurais fait tout ce qu’il faut.
Jusqu’à un matin de juillet où il aurait ouvert délicatement ses yeux de petit capucin et reprendre tranquillement conscience de que ce qui lui arrive.
J’aurais attendu qu’il soit complètement éveillé. Et c’est là que et j’y aurais fait la prise du squeeze bobettes jusqu'à temps qu’y saigne des fesses. Et je lui aurais dit : «tiens ton satané guidon»
Soyez prudents sur la route.
Je vous aime! Je vous aime beaucoup! »
Alexandre Barrette, humoriste
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