Les habitué(e)s des Vélo Nouvelles savent que Jacques Landry, bien connu des fans de courses de vélo du Québec, a été récemment nommé à la direction de la Fédération cycliste de la Nouvelle-Zélande. Il aimablement accepté de répondre à quelques questions sur les moments forts de son ,long séjour à Cyclisme Canada. 1. De quoi êtes-vous le plus fier de ce que vous avez réalisé au cours des ans à Cyclisme Canada ? Lorsque j’ai commencé dans le poste de directeur de la haute performance, on avait un budget de haute performance qui est à peu près le quart de ce que CC détient en ce moment. Le budget que bénéficie CC, jusqu’à dernier ordre, est grâce à l’embauche d’excellents entraineurs et personnels de soutiens au fil des années qui ont su mettre nos athlètes sur un parcours de réussite. Je pense que une de mes plus grandes qualités en tant que meneur (leader) est d’être capable de m’entourer de bonnes personnes, et de prendre soins de ces personnes de qualité.
Mis à part le volet de « Staffing », durant mon temps à CC, nous avons pu construire un system solide qui a su produire des bons résultats internationaux et qui, par ce même fait, attire des athlètes de haut niveau au cyclisme; tel Vincent D’Haitre, Georgia Simmerling, Allison Beveridge, etc.
J’ai identifié assez tôt dans ce poste qu’il nous fallait focusser sur des épreuves chronométrées, où l’on contrôle mieux la résultante; afin que nous puissions nous faire une renommée auprès des instances de financement. De ce fait, nous avons mis de l’emphase sur les épreuves sur piste pour se faire une renommée et pour construire la confiance auprès de nos agents de financement, tels A nous le Podium et Sport Canada.
La question de mettre l’emphase n’a jamais fait l’unanimité auprès de nos membres et partenaires mais j’ai su rester fidèle à mes convictions. Ces convictions ont mené a maintes médailles sur piste, en coupe du monde, aux championnats du monde et aux Olympiques. Dans certains cas, ces athlètes médaillés ont su, ou sauront, convertir leurs carrières sur piste en carrières sur route; ce qui pour certain est le l’objectif cultive d’une carrière de cycliste.
2. Quel est le projet vous tenant à cœur que vous n'avez pas pu réaliser comme souhaité ?
Bien que l’organisation connait depuis 2017 beaucoup de mouvements et d’incertitude, j’aurais bien voulu continuer à contribuer au succès de l’organisation, sur le plan de la haute performance. J’ai quitté cette organisation avec le sentiment de pas avoir fini ce que j’ai commencé.
3. Quel a été le moment le plus difficile au cours de votre mandat ?
Je note deux moments difficile durant mon mandat.
1) Le retour des Jeux de Londres en 2012.
C’est au retour des Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres que je me suis rendu compte que j’étais en burnout. A ce moment-là je n’avais pas autant d’aide au niveau de la gestion des programmes que j’avais durant le quadriennal de Rio; j’en faisais donc beaucoup trop avant, durant et après les Jeux de Londres. C’est seulement vers décembre 2012 que je me suis rendu compte que je n’arrivais plus a travailler aussi efficacement qu’avant, que j’avais beaucoup de mal à me concentrer et que j’aimais moins le travail que normalement j’adorais. Heureusement au cours du printemps de 2013, j’ai pu engager du renfort et ceci a fait beaucoup de différence pour moi et pour le succès des programmes.
2) 2017
Au début de l’année 2017 j’ai pensé à plusieurs reprises de quitter l’organisation. Durant ce temps là il me semblait que l’équilibre fragile qui régnait au sein de l’organisation n’y était plus. Beaucoup de personnel (Staff) de la haute performance se trouvait à ne plus aimer l’ambiance au sein de l’organisation et je me trouvais a être la voix de ces personnes auprès des dirigeants se trouvant plus haut que moi à l’échelon de l’organisation. Je me trouvais souvent entre l’arbre et l’écorce et c’était franchement vidant. Malgré les changements dans l’organisations et les philosophies qui ne semblaient plus s’aligner aussi bien avec mes philosophies, j’ai quand même voulu rester fidèle à l’organisation qui, pour plus de 10 ans, est devenu une grosse partie de ma vie. Pour le bienfait des programmes et des personnes gérant ces programmes, je me suis convaincu de rester jusqu’à après Tokyo. Hélas, le destin aura voulu autre chose pour moi.
4. Quel est le plus grand défi auquel fait face présentement le cyclisme canadien ?
Sans vouloir trop élaborer cette question, je dirais seulement que l’organisation est au prise avec une crise d’identité.
5. Avez-vous des projets vélo pour 2018 ?
- Juillet 2018 a Novembre 2018 j’ai aggis comme assistant directeur de la haute performance pour Cycling New Zealand. Ceci consistait à :
o Faire en gros ce que je faisais a CC
o Gérer les programmes de la haute performance
o Superviser les fonds allant aux athlètes ciblés
o Réécrire les politiques de sélection
o Créer des programmes de haute performance 2020 – 2024 pour les programmes d’endurance piste, vitesse, VdM, BMX et route (Pas de programmes en paracyclisme)
o Agir en tant que gérant de projet aux championnats du monde sur route a Innsbruck
- Décembre 2018 a Mai 2019 – Directeuur General intérimaire a Cycling New Zealand
o Gérer les différents départements de l’organisation
o Assurer les bonnes relations entre Cycling New Zealand et ses membres, commanditaires, Partenaires de la haute performance, fédération internationale et continentale, etc.
o Assurer la bonne santé fiscale de l’organisation
o Assurer le bienêtre du personnel, les athlètes, etc.
o Assurer la liaison entre la partie opérationnelle de l’organisation et ses composantes de gouvernance (CA et son président).
6. Qu'est-ce qui vous a décidé d’accepter la proposition de Cycling New Zealand !
Pour y avoir travaillé pendant 5 ans, de 2004 à 2008, je peux dire que c’est un pays que j’adore. Les néo-zélandais sont similaires à nous au niveau mentalité; ils ne font pas trop de bruit sur l’échiquier mondiale mais sont un modèle à suivre dans plusieurs domaines, comme nous au Canada.
Stratégiquement j’ai trouvé que ce poste (Directeur Exécutif Intérimaire) serait un nouveau défi à relever.
Fait bizarre… lorsqu’il était question en 2016 que le directeur exécutif à Cyclisme Canada prenne sa retraite, beaucoup m’ont demandé si je mettrais mon nom sur la liste des prétendants; et de façon catégorique ma réponse était toujours « non ». Quand je voyais ce que ce que mon ancien patron, Greg Mathieu, faisait pour tenir le bateau à flot, je me voyais mal avoir son niveau d’expertise pour continuer dans ses traces. En plus, jusqu’en début 2017 j’adorais beaucoup trop ce que je faisais pour vouloir explorer l’option de direction générale.
Aussi ridicule que ça peut sembler, le poste intérimaire que j’occupe maintenant en Nouvelle Zélande, et ce jusqu’à la fin mai, est parfait puisque je peux d’une part me rendre compte si j’aime ce rôle pour pouvoir me lancer dans la course et d’autre part voir si j’ai de vrais aptitudes pour gérer cette organisation. J’ai donc le meilleur des deux mondes… C’est comme essayer une voiture chez un concessionnaire; tu essayes sans l’obligation d’acheter.
Tout comme à Cyclisme Canada, il y a de très bonnes personnes, ayant beaucoup de passion et d’expertise au sein de Cycling New Zealand. Depuis un certain temps, ces personnes manquaient de Leadership au palier le plus haut de l’organisation. J’ai donc accepté de prêter main forte en attendant qu’un replacement qui est à la hauteur des athlètes et du staff œuvrant à CNZ soit choisi. Ils méritent ce qui a de mieux; puisqu’ils ont vécu beaucoup de tourmente depuis 2016.
- Fin - Libre a toi de changer les tournures de phrases sans modifier leurs sens.
Au plaisir,
Jacques Landry Tel.: +64 021 0817 1141 jlandrycoach@gmail.com
From: Guy Maguire
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