Jours 12 et 13 - Je suis arrivée à Las Cruces en un seul morceau, saine et sauve

« Je fais un petit détour pour m'arrêter à Hatch car c'est un point culminant de l'itinéraire selon la culture du Nouveau-Mexique, la place pour le chili.


Puis direction sud vers Las Cruces. La route de terre recommandée que je suis est trop risquée, alors je prends la route asphaltée. Assez de folie, je veux juste rouler !

Je suis à environ 2h de la ligne d'arrivée, à Las Cruces, quand il est temps de trouver un campement. J’emprunte une petite route qui va vers l'intérieur des montagnes, de grandes maisons en haut, j'entends les enfants jouer. Il y a une bonne ambiance, on dirait un quartier sympa. Je trouve un coin sabonneux derrière les buissons, complètement caché de la route. J'ai de la tortilla fraîche, de l'avocat et des haricots pour célébrer ma dernière nuit de camping de ce voyage !


photos affichées sur facebook par Marie-Soleil Blais le 20 décembre

21h15. Je suis réveillé par les aboiements d'un chien. J'ai vite réalisé qu'il aboyait après moi. Je suis sur son territoire et il n'est pas heureux. Ses aboiements sont incessants et très agressifs. Je ne peux pas le voir derrière ma tente, mais on dirait qu'il est à 20 mètres. Il approche. Je sors soigneusement de mon sac de couchage et je prends mon couteau.

Plusieurs minutes passent, je suis gelée (dans tous les sens du terme) couteau à la main, en anticipant la rencontre. Il n'arrête jamais d'aboyer et s'approche lentement. Je suis piégée dans ma tente. Qu'est-ce que je fais ? J'ai pensé appeler mes anges. Puis j'ai pensé appeler le 911. Je n'avais pas de réseau mais j'ai eu la chance que l'appel passe. " 911, quelle est votre urgence ?" Il y a un chien, j'ai chuchoté. Il aboie sans cesse. Je suis dans une tente. (Ils ont pu me localiser même si je ne connaissais pas le nom d'une rue à proximité).

J'étais à environ 25 minutes de route de la ville voisine. Le préposé m'a dit que ça allait prendre du temps avant que quelqu'un puisse intervenir. " Restez calme et restez dans votre tente. "

Le chien n'arrêtait pas d'aboyer, je l'ai senti approcher. Je tremblais du froid et de peur. Il est à 5 mètres.

Combien de temps encore ? " Je ne suis pas sûr. " J'ai dû demander 10 fois.

Il est à 3 pieds. J'arrête de trembler, remplie d'adrénaline, je vais devoir me battre. Eh bien, au moins, l'urgence est en route si l'affrontement tourne mal.

J'ai un petit couteau, j'ai un pot avec lequel je pourrais frapper son visage. J'ai une lampe flash pour l'aveugler. Mais je ne peux pas le voir. Est-ce qu'il peut me voir ?

Je ne bouge pas. 39 très longues minutes se sont écoulées au téléphone avec le répondant du 911, avant que la voiture de police arrive et fasse fuir le chien.

Les agents ont été super. Aucun jugement, en fait ils m'ont dit que j'étais dans un bon endroit. Juste de la malchance. Ils m'ont aidé à emballer toutes mes affaires et m'ont conduit dans leur voiture de police à un autre endroit où je serai en sécurité pour la nuit. (Ils ont appelé pour demander la permission d'entrer dans une zone fermée)

Wow, c'était proche.

Le lendemain matin j'ai choisi la grande route de Las Cruces pour éviter les chiens. J'ai quand même dû sprinter avec un autre maudit chien.

Nouveau-Mexique, j'en ai assez de tes chiens. Vous avez de belles routes, mais gardez vos putains de chiens hors route !

Ce soir je reste chez un hôte du site Warmshower (pour voyageur à vélo) puis demain je prendrai l'autobus pour Tucson où je retrouverai mon vélo de route.

Espérons que cette fois je parviendrai à le garder loin des voleurs ! »

Marie-Soleil Blais, 20 décembre


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