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Avec près de 30 ans de métier dans le domaine de l’entraînement, j’ai souvent le réflexe de capter les situations de la vie quotidienne à même mon radar de coach.
Cette déformation professionnelle bien qu’imparfaite m’aide à analyser, comprendre et agir.
Les athlètes doivent être prêts à toute éventualité, toute adversité. Ils doivent être invincibles. La vie nous réserve aussi son lot de défis, voici trois fondements du coaching qui pourraient peut-être résonner en vous, qui que vous soyez.
Prendre des risques
L’inconnu fait peur. Sortir de sa zone de confort n’est jamais évident, mais si nos objectifs sont élevés, c’est parfois indispensable.
Le désir de prendre des risques semble être influencé par les échecs et les succès que nous avons vécus. Certains athlètes ont tendance à sortir de leur plan de match à la première occasion dès que les ennuis se manifestent ; on dit qu’ils ont le « plan B » facile. Garder le cap, avoir confiance, persévérer permet de construire et d’évoluer dans l’adversité. À chaque fois ou vous risquez, vous contribuer à déconstruire les limites qui vous empêchent d’avancer.
Se porter au secours trop vite
En aidant systématiquement quand on le demande ou en anticipant la demande, on ne persévère pas à surmonter les difficultés. « Comment vas-tu t’en sortir? » ou encore « Quelle est ta stratégie pour traverser cette phase léthargique ? » sont des questions qui initient le raisonnement, la débrouillardise et la persévérance. À force de donner toutes les réponses, on coupe les ailes.
L’extase et les éloges
Déçu de voir son événement de course annulé, un couple d’amis a décidé de se rendre sur le site de l’épreuve seul, le jour où l’événement devait se tenir. Les conditions étant exécrables, ils ont couru seuls, sans spectateur, sans arche de départ ou chronomètre officiel. Me racontant l’événement, ce qui m’a marqué, c’est lorsqu’ils m’ont dit « Quelle belle saison d’entraînement ce fut! » Ils placèrent naturellement l’emphase sur le processus plutôt que sur le résultat, une stratégie qui semble beaucoup plus favorable à la constance et la durée du plaisir de courir au fil des ans.
Les médailles jouent souvent le rôle de compliment. En encourageant plutôt qu’en complimentant on valorise l’évolution au-delà de l’accomplissement.
En risquant trop peu, en portant secours trop vite et en étant trop élogieux nous répondons à notre propre besoin d’aider, de supporter, mais nous ne rendons pas nécessairement service. À nous de voir le rôle que l’on veut tenir en cette période de la vie, mais si les vieilles astuces de coach vous parlent, pourquoi ne pas les essayer !
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Comme le disait si bien Wayne Gretzky: « Vous manquerez 100% des lancers que vous ne tenterez pas! » Ce proverbe est plus mélodieux dans la langue de Shakespeare, mais son sens n’en est pas moins évocateur.
En leur portant assistance trop facilement, les athlètes ne développent pas leur stratégie pour se sortir des moments pénibles et je crois sincèrement que la même logique s’applique à l’enfance ou même en milieu de travail.
Afin qu’un athlète continue d’avoir faim de performance, on se doit d’être prudent dans nos éloges. Même parallèle pour les dessins d’enfants, selon Céline Syritis, coach parental, avant de s’extasier devant « l’œuvre » nous pourrions plutôt exprimer nos goûts, témoigner de l’intérêt, valoriser le processus ou nous intéresser aux détails. Cette réalité relance le débat de remettre une médaille à chaque participant lors d’une course populaire. N’étant tenu à l’impartialité, je ne vous cacherai pas que dans ce contexte, je les exclurais.
Coach Yannik Morin
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