
«
Je suis un cycliste passionné et je pratique le vélo d’hiver depuis des années.
Il y a quinze jours, alors que je roulais tôt le matin sur Maisonneuve, un bixi bleu zigzaguant sur la piste cyclable m'a percuté et projeté au sol. En plus du corps éraflé et endolori, j'ai eu la main meurtrie, sans mobilité dans les doigts.
J'ai repris le vélo lentement et aujourd'hui un char a décidé de tourner alors que je roulais sur Sherbrooke et je me suis retrouvé au sol. Le conducteur m’a entendu, mais il m’a pas vu… (classique) et encore une fois, quelques égratignures et rien de grave (ma roue a été détruite) physiquement.
Or, moralement, je suis au plus bas et malgré mes années de vélo, je n'ai plus envie d'aller au travail à vélo.
Quelqu'un d'autre a surmonté cette peur ?
Des conseils pour ne pas perdre le plaisir ? Comment rester impassible face à la « culture » de char, alors qu'il y a de plus en plus de collisions et d'accidents ?
Quand j'avais 20 ans, je n'y pensais pas trop, mais maintenant avec des enfants et un corps plus âgé... J'ai honnêtement peur de faire du vélo, même en roulant correctement et en respectant le code de la route.
»
Paul Gauche, 21 octobre
COMMENTAIRES
«
Après une fracture du fémur, une agression armée par un automobiliste et beaucoup d'altercations et situations dangereuses, j'ai moi aussi perdu un peu de plaisir à faire du vélo en ville. J'ai réduit ma vitesse, je double mes vérifications visuelles, j'évite autant que possible de rouler sur la route si je peux (même si je crois y avoir ma place, mes principes prennent parfois le bord pour me protéger), et je reprend du pouvoir en me mobilisant politiquement contre la culture du char, en faisant de l'éducation et de la sensibilisation. Rouler avec des ami•es ça me motive et me sécurise aussi, pour ramener du plaisir là dedans et pas rester seule avec mes déplacements qui me causent frustration, peur et colère.
»
Mael Strom
«
Pour la question de sécurité, pas choix d'être toujours en alerte...pour la question de confiance, j'ai ajouté une caméra sur mon vélo... surtout pour les voies cyclables non protégées, donc pas mal souvent...
Gardez votre coeur d'enfant et les plaisirs de pédaler... et, écouter Intouchable et immortel de Daniel Belanger pour reprendre ce plaisir.
»
Thanh-An Hoang
«
J'ai été victime d'une voie de fait ce printemps par un chauffard en Bixi. J'ai été en arrêt de travail pendant 4 mois. Ça m'a pris 3 mois pour retoucher mon vélo. Je suis de retour en selle depuis quelques semaines, mais je dois dire que je ne suis plus la même cycliste Je me laisse du temps, mais je suis toujours craintive des autres cyclistes...
»
Marie-Claude Gagnon
«
Je me sens pareil à chaque fois que j’ai des accidents. Avec l’âge et des enfants à charge, j’ai toujours peur de me prendre une porte ou de glisser en hiver alors qu’une auto me suit en arrière… Dans mon cas, c’est mon moyen de transport principal pour aller au travail, alors je fait juste le prendre chaque matin sans trop me poser de question.
»
Ken Outremont
«
De mon côté, j'évite certaines pistes, particulièrement celle sur Ontario qui mène au centre-ville. Elle est vraiment indigne d'une métropole. J'avais pourtant beaucoup de plaisir à me rendre au travail en vélo en janvier! J'évite aussi les vélorues (même si j'habite sur une, où je vois souvent les automobilistes être très agressifs). En général, je roule très doucement et je redouble de prudence aux heures de pointe, particulièrement l'été alors que les pistes sont bondées.
»
Lynda Pelletier
«
Je compatis. A l'hiver 2022 le lendemain d'une bordée de neige, j'ai subit de l'intimidation très violente avec un gars en auto alors que j'avais ma petite fille dans mon chariot à l'arrière du vélo. Je dois dire que j'ai arrêtée le vélo d'hiver ce jour-là. Je compte reprendre cet hiver mais ça m'a demandé du temps. Comme toi, une fois qu'on a des enfants (et la quarantaine) ouf on voit plus les choses de la même façon. Cet été je n'ai pris que les pistes cyclables, si je ne me sens pas en sécurité à cause du traffic tant pis je prends le trottoir, je laisse les piétons traverser, je cède le passage au stop. Je suis très disciplinée, c'est plus apaisant pour moi. Laisse toi le temps de regagner ton espace perdu. S'il faut prendre les transports pendant quelques temps, c'est bien aussi. Des fois il faut s'ouvrir des portes plutôt que d'en fermer.
»
Audrey Colussi
«
Merci Paul d'avoir pris le temps de nous dire et de nous décrire ce que tu vis suite à ces événéments. Tu n'est pas seul. Ce sont des expériences traumatisantes et ça prendra le temps nécessaire pour que tu reprenne ton vélo selon ton rythme et à ta manière. Pour ma part, dans un premier temps, je prenais plus de temps pour planifier mon parcours et j'évitais surtout de passer par le lieu d'accident même si ça ajoutait du temps à mon trajet. Parfois, en cours de route, quand je ne me sentais pas bien tout à coup, j'arrêtais et je barrais mon vélo et je continuais soit à pied ou en transport en commun. Bon courage. Be kind to youself.
»
Denise Blais
«
Je ne fais confiance à personne, sauf à moi-même.
Je part 15 minutes l'avance pour rouler moins vite.
À tous les coins de rues je regarde dans toutes les directions (arrière, à droite, à gauche, en avant et encore à gauche et à droite).
Et si un véhicule me suis je vérifie encore son comportement avant de traverser un coin de rue.
»
Yves Marineau
«
Toute mon empathie. Je n’ai qu’un conseil, remonte virement sur ton vélo. J’ai eu presque exactement la même série d’événements (en pire je te dirais) et un ami qui a frôlé la mort lors d’une compétition de vélo dans les Cantons de l’Est, tout ça dans la même semaine. J’étais catatonique et traumatisé. Mais sous les conseils de cet ami, j’ai repris le vélo ce qui a guéri ma peur. C’était il y a plus de 25 ans. Je fais toujours du vélo. Bonne chance. Gros hugs.
»
André Queno Quenneville
Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive
également susceptible de vous intéresser :

| nouvelles | achat & entretien | rouler au Québec | hors Québec | sécurité | course | cyclos | montagne | industrie | quoi d´autre ? |

.
.
.