J’ai ramassé deux des femmes les plus importantes de ma vie couvertes de sang sur des pistes cyclables

« Je me retrouve à l’urgence pour la deuxième fois en +/- 48 heures.

Dimanche, j’accompagnais ma mère après une chute à vélo sur la piste des Berges. Ce soir, c’est au tour de ma douce, après une collision sur la piste du canal de Lachine.

Ma mère s’en sort avec le nez cassé et une jambe sérieusement amochée. Pour Jaclyn, on attend encore les résultats, mais tout porte à croire qu’elle a la main cassée, en plus d’une profonde lacération au-dessus de l’œil gauche.

Les ressemblances entre les deux événements sont frappantes. Ma mère ralentissait pour permettre à une piétonne âgée, visiblement nerveuse à l’idée de traverser, de le faire en toute sécurité. De son côté, un piéton distrait par son téléphone s’est engagé sur la piste au moment où Jaclyn passait, provoquant une chute en une fraction de seconde.

Les deux incidents sont survenus sur des pistes multifonctions où se mêlent une quantité hallucinante de personnes à vélo, à pied ou en divers véhicules de micromobilité. Des lieux naturellement très fréquentés pour leur caractère bucolique, mais aussi, je crois, parce qu’ils comptent parmi les rares endroits à Montréal où l’on peut se déplacer loin des voitures.

En moins de deux jours, j’ai ramassé deux des femmes les plus importantes de ma vie, couvertes de sang. Le genre d’images qui s’impriment malheureusement dans la mémoire.

Toutes les deux ont fait ce qu’on espère de n’importe quelle personne qui se déplace : adapter leur conduite pour protéger des personnes plus vulnérables qu’elles. Elles en paient aujourd’hui un lourd prix.

Je veux par ailleurs aussi remercier toutes les personnes qui se sont arrêtées pour leur venir en aide, ainsi que les paramédics qui ont pris le relais avec calme et professionnalisme. Dans les deux cas, des inconnus ont immédiatement répondu présents. Ça rappelle qu’au milieu des malheurs, il y a aussi beaucoup de solidarité.

Il nous faut surtout plus d’endroits comme ces deux pistes, pas moins. Plus d’espaces où marcher, rouler et simplement partager la ville. Des espaces assez nombreux pour que ces foules puissent respirer plutôt que de se comprimer aux mêmes endroits.

Le problème n’est pas qu’il y ait trop de personnes qui choisissent ces lieux, mais évidemment qu’il n’y en a simplement pas assez. Construisons-en davantage. Et d’ici là, continuons à prendre soin les uns des autres. »

Mathieu Murphy-Perron, facebook, 7 juillet

COMMENTAIRES

« Au REV près de Rosemont j’ai passé proche de me faire rentrer dedans parce que j’ai arrêté à la lumière rouge. Le cycliste en arrière de moi a pris pour acquis que je me m’arrêterais pas . Je l’ai laissé passer. Il avait aussi le nez collé à son cellulaire. Je suis de tout cœur avec vous. Deux femmes qui ont voulu bien faire et respecter les autres usagers puis payent par des accidents. Je leur souhaite un prompt rétablissement. Faites attention à vous »
Nancy Wait

« Je préfère maintenant rouler sur les rues conventionnelles »
Davide Gentile

« M'oi aussi. Je n’aime pas les pistes cyclables, trop de cyclistes indisciplinés. Je n’ai jamais eu de problème sur les rues sauf dans les rues avec des voies un peu trop étroites. S’il ya l’espace pour une auto et un vélo, et on suit la réglementation il n’y a pas de problème. À moins qu’il y ait un conducteur avec facultés affaiblies »
Laura Di Iorio

« Il y a beaucoup de « Sunday drivers » sur les pistes cyclables bucoliques. »
Patrice Doiron

« Désolée pour ta mère et ta douce. J’ai beaucoup circulé à Tokyo sur les trottoirs et nous avons tous des clochettes pour avertir les piétons, ça peut peut-être aider. De plus les piétons qui circulent comme s’ils étaient dans leur salon c’est pas acceptable! »
Carolina Tremblay


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